"L’appellation « Imagistes », par exemple, convient à certains des artistes concernés, en fait sourire d’autres…"
La première série de nos BD-Estampes©, inaugurant les collections "Album" et "Grav'zine", rend hommage à un groupe d'artistes qui ont marqué une époque et continuent chaque jour de creuser leur empreinte. Car manifestement, les premiers dessinateurs qui ont dit « oui » au projet BD’Stamp™ – Captain Cavern, Olivia Clavel, Muzo, Placid, Jacques Pyon, Rocco – tous issus de l' « Undergraphisme », appartiennent à un mouvement artistique important par sa taille et son influence.
Les appeler « graphziners » peut s’avérer impropre en dehors d’un contexte historique puisque, pour la plupart, ils n’ont plus qu’assez rarement ou plus du tout recours au fanzine tel qu’il pouvait être conçu en son époque « héroïque ». Et puisqu’aussi, les vraies œuvres de création ne sauraient être circonscrites dans un cadre étroit, a fortiori se résumer en une dénomination générique.
L’appellation « Imagistes », par exemple, convient à certains des artistes concernés, en fait sourire d’autres…
Placid, interrogé sur ce sujet, concède que ce nom peut, grosso modo, couvrir la grande diversité des artistes concernés – à la condition toutefois qu’on y ajoute "parisiens" (afin, ce serait ballot, de ne pas les confondre avec le groupe de poètes anglo-saxon apparu au début du XXème siècle !)
Pour ma part, j’incline à penser que le terme dans sa simplicité, sa non-référence à une quelconque théorie, pourrait être retenu. Mais je me garderai bien de chercher à figer sous ce vocable ou sous un autre la création d’artistes si farouchement réfractaires à la pose d’étiquettes.
Aussi, je pense à Rocco qui, ironisant sur le besoin de catégoriser les artistes en termes d’écoles, concluait par ces mots : « …quand il crée, chaque artiste est seul. »
Cela est vrai. Cela freine les velléités d’étiquetage. Pourtant, l’histoire de l’art regarde les créateurs dans leur parcours individuel ainsi que dans leur destin collectif. L’acte créatif seul de son espèce à un moment donné est, somme toute, assez rare ; le partage et la co-création se rencontrent plus fréquemment.
Les artistes qui nous intéressent ont partagé et partagent encore bien des choses : une culture, une histoire, un monde de création, des publications, des expositions, une vie de complicité et d’amitié.
Seuls ou au sein d’un groupe dont le nom importe il est vrai assez peu, ils ont dans tous les cas œuvré de concert pour la beauté de l’art en tant qu’invention permanente, et la beauté du geste.


Commentaires
Il y a aucun commentaire, pour le moment pour ce billet.
Ecrire un commentaire